Emmanuel Macron entend maintenir la pression sécuritaire face à la contestation sociale. En déplacement à Marseille ce lundi 26 octobre, le chef de l'État a estimé que la prochaine journée de mobilisation, prévue samedi 31 octobre, serait une « journée à risques ». Pour prévenir de nouvelles violences, il a annoncé que les prochains cortèges autorisés emprunteraient des itinéraires situés hors des centres-villes, particulièrement exposés aux dégradations et aux pillages lors des précédents rassemblements.
Cette annonce intervient après deux samedis de manifestations contre la vie chère et pour la défense des services publics. Le 24 octobre, entre 410 000 personnes, selon le ministère de l'Intérieur, et 800 000, d'après la CGT, ont défilé dans le pays. Malgré une mobilisation moins violente que celle du 17 octobre, les autorités ont recensé de nouveaux affrontements avec les forces de l'ordre.
Une nouvelle doctrine pour protéger les centres-villes
Le chef de l'État prolonge ainsi la stratégie de maintien de l'ordre engagée la semaine précédente. Le 22 octobre, Emmanuel Macron avait déjà demandé aux préfets d'interdire, dans la mesure du possible, les rassemblements organisés en dehors des structures syndicales. Les manifestations déclarées par les syndicats pouvaient être autorisées, sous réserve d'aménagements de parcours destinés à protéger les commerces et les bâtiments publics.
Cette politique soulève toutefois des interrogations juridiques. Si les préfets peuvent restreindre ou interdire une manifestation en raison de risques avérés de troubles à l'ordre public, la législation ne distingue pas les rassemblements selon leur caractère syndical. Les décisions préfectorales peuvent également être contestées devant la justice administrative, comme l'a illustré l'autorisation judiciaire d'un cortège initialement interdit à Paris le 22 octobre.
À Marseille, une visite après les pillages du 17 octobre
Le déplacement présidentiel intervient dans une ville particulièrement marquée par les violences du 17 octobre. Ce jour-là, des manifestants avaient forcé l'entrée de l'hôtel de ville et provoqué des dégradations. Selon la préfecture des Bouches-du-Rhône, 317 commerces avaient été sinistrés ou pillés, tandis que 500 établissements avaient été affectés par les troubles. Accueilli par le maire Benoît Payan, qui avait vivement critiqué la gestion policière de cette journée, Emmanuel Macron devait également rencontrer des commerçants victimes des dégradations et des membres des forces de sécurité.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a, de son côté, présenté lundi matin un bilan actualisé des manifestations du 24 octobre. Il fait état de 1 435 interpellations, de 267 policiers et gendarmes blessés et d'environ 150 manifestants blessés, dont trois grièvement. Tout en qualifiant la journée de « maîtrisée », le ministre a dénoncé la persistance d'un niveau élevé de violences contre les forces de l'ordre.
Les autorités préparent désormais un nouveau dispositif de sécurité pour le samedi 31 octobre, troisième journée consécutive de mobilisation nationale. Laurent Nuñez a déjà annoncé la poursuite de certains couvre-feux instaurés localement, tandis que le gouvernement doit recevoir ce lundi les organisations lycéennes et étudiantes à Matignon. Ces échanges doivent précéder la présentation de premières mesures destinées à répondre aux revendications des jeunes mobilisés depuis plusieurs semaines.





