La consommation risque de manquer de carburant au dernier trimestre. Publié mardi 27 octobre, l’indicateur de confiance des ménages de l’Insee a perdu cinq points en un mois pour tomber à 80, son niveau le plus faible depuis juin 2013. La dégradation ne tient pas à une seule question : les Français jugent plus sévèrement leur situation financière, l’évolution du niveau de vie et les perspectives d’emploi. L’indicateur reste désormais à vingt points de sa moyenne de longue période.

Inflation et chômage alimentent le pessimisme

Cette photographie intervient après un deuxième trimestre de stagnation économique et alors que les prix à la consommation augmentaient encore de 3,1 % sur un an en septembre, selon l’Insee. Les prix ont ralenti ou accéléré selon les postes de dépenses au fil des mois, mais les ménages répondent d’abord à une question de perception : ce qu’ils peuvent encore acheter, ce qu’ils craignent de payer demain et ce qu’ils préfèrent reporter.

Les réponses sur les prix éclairent ce pessimisme. Le solde des ménages estimant que les prix ont fortement augmenté au cours des douze derniers mois grimpe de huit points, après une hausse de six points en septembre. Les craintes relatives au chômage remontent de cinq points. Au deuxième trimestre, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail atteignait déjà 8,3 % en France hors Mayotte, toujours selon les dernières données disponibles de l’Insee.

Les achats importants passent au second plan

Le signal le plus préoccupant pour les commerçants concerne les achats importants. Le solde d’opinion mesurant si la période est propice à ces dépenses recule de quatre points, à moins 41. Il ne s’agit pas d’une baisse de 41 % des achats, mais d’un indicateur d’opinion, calculé à partir des réponses positives et négatives des personnes interrogées. Les décisions relatives à l’équipement du logement ou au renouvellement de biens durables peuvent être sensibles à ce type de dégradation.

Les ménages se montrent également beaucoup plus sombres sur leurs finances personnelles. Le solde relatif aux perspectives pour les douze mois à venir perd neuf points, à moins 24. Celui portant sur l’année écoulée baisse de six points, à moins 32. Quant au jugement sur le niveau de vie passé en France, il touche son plancher depuis le début de la série en 1972. La simultanéité de ces mouvements signale un malaise plus large qu’une simple hésitation ponctuelle à consommer.

L’épargne résiste mieux que la confiance

Un contraste ressort pourtant de l’enquête : l’indicateur de climat de l’épargne, malgré un recul de deux points, se situe encore à 118, nettement au-dessus de sa moyenne de longue période. Les ménages sont donc beaucoup moins confiants dans la conjoncture qu’ils ne sont défavorables à l’idée d’épargner. Cela ne signifie pas que tous disposent d’un surplus de revenu ; les soldes d’opinion décrivent des intentions, non le montant effectivement mis de côté.

Pour la croissance, cette prudence pourrait peser. La Banque de France n’anticipait, dans son enquête de début octobre, qu’une progression de 0,1 % du produit intérieur brut au troisième trimestre. Les premiers comptes de l’Insee sont attendus le 30 octobre, avec les données de consommation de septembre. Ils permettront de vérifier si le découragement mesuré dans les enquêtes a déjà commencé à se traduire dans les dépenses.