TotalEnergies se déleste d’une partie de son héritage pétrolier au Nigeria sans couper ses liens avec le gaz naturel liquéfié. La compagnie française a annoncé mardi 27 octobre avoir finalisé la vente à Vaaris de sa participation non opérée de 10 % dans les licences de la coentreprise Renaissance, anciennement SPDC, pour 800 millions de dollars. La transaction concrétise un accord signé en janvier après plusieurs années de recomposition du secteur pétrolier terrestre nigérian.
L’actif vendu appartient à un ensemble de 18 licences situées dans le delta du Niger. TotalEnergies n’en était pas l’opérateur, mais détenait une quote-part de la production et des engagements associés. La vente lui permet de réduire son exposition à des gisements terrestres qui réclament des dépenses d’entretien et de sécurisation, tandis que les entreprises nigérianes accroissent leur rôle dans l’exploitation d’actifs autrefois dominés par les majors internationales.
Quinze licences pétrolières quittent le portefeuille
La majeure partie de l’opération concerne quinze licences principalement pétrolières. Elles représentaient environ 16 000 barils équivalent pétrole par jour dans la production attribuable à TotalEnergies en 2025, selon la présentation faite par le groupe lors de la signature de l’accord. Ce chiffre donne une idée de leur poids dans les volumes, mais pas de leur rentabilité. Les revenus de cession, les dépenses d’exploitation et les investissements futurs ne se confondent pas avec la valeur de la production.
La sortie était loin d’être acquise. Un projet de cession à Chappal Energies, annoncé en 2024, n’avait pas obtenu l’accord des autorités nigérianes, selon le média spécialisé Oil & Gas Journal. Le dossier a été relancé avec Vaaris en janvier 2026, avant d’être finalement bouclé cet automne. Le processus illustre les difficultés de transfert de participations dans un secteur où les questions réglementaires, environnementales et de responsabilité opérationnelle sont sensibles.
La coentreprise Renaissance réunit la société publique Nigerian National Petroleum Corporation Limited, majoritaire avec 55 %, Renaissance Africa Energy Company, opérateur avec 30 %, TotalEnergies EP Nigeria avec 10 % avant cession, et Agip Energy and Natural Resources Nigeria avec 5 %. Cette structure a repris l’ancienne joint venture SPDC, historiquement associée à Shell. Les activités terrestres du delta ont longtemps été exposées aux vols de brut et aux dégradations d’infrastructures, qui compliquent l’exploitation.
Les flux vers Nigeria LNG restent essentiels
La particularité de l’accord tient aux trois licences principalement gazières, identifiées comme OML 23, OML 28 et OML 77. TotalEnergies transfère ses droits et obligations de participation, mais affirme conserver la totalité de son intérêt économique dans ces actifs. Selon le groupe, ces licences assurent actuellement la moitié de l’approvisionnement en gaz de Nigeria LNG. La compagnie réduit donc son exposition directe à la gestion des licences tout en préservant les revenus économiques liés à un maillon important de la filière gazière.
Le Nigeria demeure l’un des principaux pays de production d’hydrocarbures pour TotalEnergies. En 2025, la compagnie y produisait 188 000 barils équivalent pétrole par jour, toutes activités confondues, et y employait plus de 1 800 personnes. La cession des licences Renaissance porte sur une fraction de ce portefeuille. Elle ne remet pas en cause les autres intérêts de la compagnie dans la production locale, notamment les projets liés au gaz et aux activités maritimes.




