À l’approche de l’hiver, les perspectives divergent. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a annoncé lundi 12 octobre une hausse de 6,6 % du prix repère du gaz au 1er novembre, après 6,3 % en octobre. Le 7 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu assurait que « le prix de l’électricité ne doit pas augmenter cet hiver ». La promesse politique et le signal tarifaire ne concernent pourtant ni les mêmes marchés ni tous les consommateurs.
Le gaz dépend des cours mondiaux
Depuis la disparition des tarifs réglementés du gaz en juillet 2023, chaque fournisseur détermine librement ses prix. La CRE publie chaque mois un prix repère : ce n’est pas un tarif obligatoire, mais un indicateur auquel certains contrats sont indexés. En novembre, il atteindra 194,90 euros TTC par mégawattheure, contre 182,88 euros en octobre. Seul le coût d’approvisionnement augmente, reflet des prix de gros observés en septembre.
Cette sensibilité tient à la dépendance de la France aux importations. Le gaz consommé dans l’Hexagone est exposé aux tensions internationales, notamment celles provoquées par le conflit au Moyen-Orient. Une flambée des cours ne se retrouve cependant pas immédiatement sur toutes les factures : le prix repère repose sur des moyennes de marché et les fournisseurs appliquent leurs propres conditions commerciales.
Parmi les 10,23 millions de ménages titulaires d’un contrat de gaz à fin juin, tous ne subiront donc pas la hausse de novembre. Environ 40 % des clients résidentiels avaient choisi une offre à prix fixe fin 2025. Seuls les ménages indexés sur le repère devraient payer en moyenne 12 euros de plus en novembre, selon la CRE. Si les prix restent proches des niveaux actuels, la CRE estime la facture annuelle moyenne de 2026 supérieure de 135 euros, soit 11 %, à celle de 2025.
L’électricité reste en partie encadrée
Sur le marché de l’électricité, plus de 19 millions de sites résidentiels bénéficient encore d’un tarif réglementé, notamment le « tarif bleu » d’EDF. Révisé en principe en février et en août, son montant dépend des coûts d’approvisionnement, de réseau et des taxes. Une hausse moyenne de 2,5 % est entrée en vigueur en août 2026. La prochaine échéance habituelle est fixée au 1er février 2027 : la stabilité annoncée pour les mois précédents était donc largement acquise avant la déclaration du Premier ministre.
Sébastien Lecornu n’a toutefois pas détaillé les mesures permettant d’éviter une augmentation lors de cette prochaine révision. Sa déclaration ne garantit pas non plus un prix inchangé aux ménages disposant d’une offre de marché. Les tarifs dépendent alors des clauses du contrat, tandis que la consommation réelle reste déterminante : un hiver plus froid peut faire grimper la facture même sans hausse du kilowattheure.
Pour savoir si la hausse les concerne, les particuliers peuvent consulter les conditions de révision de leur contrat, et pas seulement le prélèvement mensuel. Une offre à prix fixe protège des fluctuations de la part énergie, sans bloquer nécessairement taxes et frais de réseau. Le comparateur du médiateur national de l’énergie permet de confronter les offres ; changer de fournisseur est gratuit pour les particuliers.






