Édouard Philippe veut faire de la politique familiale l’un des axes de sa campagne présidentielle. Invité jeudi soir de l’émission « L’Heure de vérité », sur France 2, l’ancien Premier ministre a défendu une refonte profonde du système français d’allocations familiales. Son objectif : soutenir financièrement les ménages dès l’arrivée de leur premier enfant, plutôt que de concentrer les prestations sur les familles de deux enfants ou plus.
Le maire du Havre a également présenté plusieurs mesures fiscales destinées aux classes moyennes, dans un contexte où le pouvoir d’achat et le coût de la parentalité occupent une place importante dans le débat politique.
Une allocation unique de 350 euros dès le premier enfant
« Il faut revoir totalement le système des allocations familiales », a affirmé Édouard Philippe. Le candidat Horizons souhaite instaurer une allocation familiale unique permettant de verser 350 euros dès le premier enfant, y compris aux familles monoparentales.
Aujourd’hui, les allocations familiales classiques sont versées à partir du deuxième enfant à charge en métropole. Leur montant varie notamment selon les revenus du foyer et le nombre d’enfants. D’autres prestations, comme la prestation d’accueil du jeune enfant, peuvent toutefois être accordées dès la première naissance.
Avec cette proposition, Édouard Philippe entend modifier la logique du dispositif. « Aujourd’hui, on les aide beaucoup, mais à partir du deuxième et encore plus à partir du troisième », a-t-il expliqué à propos des familles. Les modalités précises de la nouvelle allocation, notamment les éventuelles conditions de ressources et son articulation avec les aides existantes, restent cependant à détailler.
Jusqu’à 3 000 euros de réduction d’impôt pour les parents
Deuxième mesure avancée par l’ancien chef du gouvernement : une réduction d’impôt d’environ 3 000 euros destinée aux familles des classes moyennes pendant les trois années suivant la naissance d’un enfant.
Ce dispositif viserait particulièrement les ménages actifs qui acquittent actuellement entre 2 500 et 3 000 euros d’impôt annuel sur le revenu. Pour ces foyers, la réduction pourrait permettre de supprimer temporairement leur imposition.
La mesure bénéficierait ainsi principalement aux familles imposables. Les ménages ne payant pas d’impôt sur le revenu ne profiteraient pas directement d’une simple réduction fiscale. Édouard Philippe n’a pas encore précisé le coût de cette proposition pour les finances publiques.
Le candidat a également rappelé son souhait de faciliter l’accession à la propriété des familles qui doivent déménager après une naissance, grâce à un prêt à taux zéro destiné à financer l’achat d’un logement plus grand.
Travailler davantage pour gagner plus
Au-delà de la politique familiale, Édouard Philippe a défendu une mesure destinée à encourager l’augmentation du temps de travail. Il propose d’exonérer de cotisations sociales les heures supplémentaires effectuées par les salariés acceptant de travailler davantage.
Selon lui, deux heures de travail supplémentaires par semaine pourraient représenter environ 1 000 euros de revenus supplémentaires par an pour une personne rémunérée au SMIC. Il estime que ce mécanisme permettrait simultanément d’augmenter la rémunération des salariés et de réduire le coût du travail pour les entreprises.
Ces propositions devront toutefois s’inscrire dans les objectifs budgétaires affichés par le candidat. Édouard Philippe souhaite ramener le déficit public à 2 % du produit intérieur brut à la fin d’un éventuel quinquennat, contre un niveau actuellement supérieur à 3 %.






