Jean-Luc Mélenchon ne fait pas mystère de sa situation financière. Invité du podcast « Pourquoi président(e) ? », diffusé dimanche 25 octobre sur TF1 Info, le candidat de La France insoumise a reconnu bénéficier d’une retraite généreuse. « Je vis très confortablement », a-t-il confié à François Lenglet. Une réponse sans détour de la part de l’ancien parlementaire, qui a notamment passé près de vingt ans au Sénat et bénéficie aujourd’hui des droits acquis au cours de sa longue carrière politique.
Mais lorsque le journaliste l’interroge sur la part de capitalisation qui contribue au financement des pensions des anciens sénateurs, Jean-Luc Mélenchon se montre nettement moins enthousiaste. S’il ne se plaint pas des avantages qu’il en retire personnellement, il ne souhaite pas « recommander à la société » ce mode de financement. Une position qui tranche avec les bénéfices qu’il reconnaît lui-même en tirer.
Une retraite financée en partie par les marchés financiers
Élu sénateur de l’Essonne en 1986, Jean-Luc Mélenchon a siégé au Palais du Luxembourg jusqu’en 2000, avant d’y revenir entre 2004 et 2010. Ces années de mandat lui ont permis d'acquérir des droits dans un régime de retraite particulier, dont le financement ne repose pas uniquement sur les cotisations des parlementaires en activité.
La caisse des retraites du Sénat fonctionne en effet selon un principe de « répartition provisionnée ». Concrètement, les cotisations des élus et la contribution du Sénat financent les pensions, mais le régime dispose également d'importantes réserves placées sur les marchés financiers. Les revenus de ces placements participent au versement des retraites. Il ne s'agit donc pas d'un système de capitalisation intégrale, mais bien d'un modèle qui en utilise certains mécanismes pour assurer son équilibre.
Jean-Luc Mélenchon en bénéficie au titre de ses anciens mandats, sans avoir eu à choisir personnellement le fonctionnement de cette caisse. Le montant exact de l'ensemble de ses pensions n'est pas connu publiquement. L'ancien sénateur reconnaît néanmoins que ses revenus lui permettent de vivre à l'abri des difficultés financières que connaissent de nombreux retraités.
« Il n'y a pas d'alternative à la retraite par répartition »
Cette situation personnelle n'a pas fait évoluer les convictions de Jean-Luc Mélenchon. Depuis des années, le chef de file insoumis combat le développement des retraites par capitalisation, qu'il juge trop dépendantes des marchés financiers et défavorables aux salariés disposant des revenus les plus modestes. Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche en mai dernier, il réaffirmait sa position : « D'abord, il n'y a pas d'alternative à la retraite par répartition. »
Le candidat défend toujours un retour à la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisation, ainsi que l'abrogation de la réforme de 2023. À l'inverse, plusieurs responsables de droite souhaitent introduire une part plus importante d'épargne financière dans le financement des pensions. Édouard Philippe propose notamment qu'un pilier de capitalisation représente, à terme, 10 à 15 % des retraites.


