Sur la place Enghelab, l’une des plus fréquentées de Téhéran, un immense panneau domine la circulation avec une menace explicite contre le président des États-Unis : « Nous tuerons Trump ». Dévoilée mardi 3 novembre, l’affiche représente Donald Trump derrière des barreaux, la tête baissée. Une mise en scène qui intervient alors que Washington et Téhéran tentent d’éviter une reprise majeure des hostilités.

Non loin de là, un second panneau montre le président américain entouré de son vice-président JD Vance, de l’émissaire Steve Witkoff et du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Tous apparaissent le visage ensanglanté et les vêtements déchirés, sur fond de drapeaux américain et israélien en lambeaux. Des dizaines de manifestants se sont rassemblés mardi matin, brandissant des drapeaux rouges et des banderoles portant une autre menace : « Il y aura du sang ».

Une campagne de vengeance depuis la mort d’Ali Khamenei

Les participants réclamaient notamment de venger Ali Khamenei, guide suprême iranien tué le 28 février lors des frappes américaines et israéliennes contre Téhéran, au début de la guerre au Moyen-Orient. Depuis sa mort, les affiches hostiles à Donald Trump se multiplient dans les rues de la capitale iranienne.

En juillet, une autre affiche géante avait déjà montré le président américain étendu dans un cercueil. Sur la place Tajrish, au nord de Téhéran, une exposition a présenté des peintures le représentant blessé, ou le visage dissimulé par une bombe. Une fausse cellule de prison grandeur nature, occupée par un acteur incarnant Donald Trump, a également été installée.

Ces installations prolongent une pratique ancrée depuis la révolution islamique de 1979. Les panneaux monumentaux et les fresques financés par l’État servent à célébrer des figures du régime, commémorer des morts et adresser des messages politiques aux adversaires de l’Iran. Téhéran accuse par ailleurs les États-Unis d’avoir délibérément visé des civils pendant la guerre, notamment lors de frappes sur une école et une cérémonie de mariage.

Des négociations sous tension malgré la médiation du Qatar

La nouvelle menace apparaît alors que les États-Unis et l’Iran cherchent une issue diplomatique au conflit. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a fait état de discussions indirectes « très intenses », notamment par l’intermédiaire du Qatar et du Pakistan. Donald Trump a lui-même déclaré qu’un accord « pourrait arriver ».

Les divergences restent profondes. Selon Reuters, Téhéran exige notamment la levée du blocus naval américain et de sanctions pétrolières avant de rouvrir le détroit d’Ormuz et d’engager de nouvelles discussions sur son programme nucléaire. Dans la nuit de lundi à mardi, l’armée américaine a mené des frappes limitées sur l’île iranienne de Qeshm, visant, selon des responsables américains, des installations de défense antiaérienne.

L’affichage intervient également le jour des élections américaines de mi-mandat, alors que la guerre et ses répercussions sur les prix de l’énergie pèsent sur le débat politique aux États-Unis. Les pourparlers conduits ces derniers jours sous médiation qatarie n’ont, à ce stade, pas permis de trouver un accord entre les deux pays.