Les quais de Saint-Malo prennent leurs couleurs de départ, mais les concurrents ne sont pas encore en mer. Le village de la Route du Rhum est officiellement inauguré mercredi 21 octobre à 18 heures, après l’ouverture des animations la veille. Jusqu’au 1er novembre, la cité corsaire accueille équipages techniques, visiteurs et passionnés venus voir de près les bateaux engagés dans la transatlantique en solitaire.
L’organisation annonce 115 navigateurs et une seule ligne de départ. La destination est Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, à 3 542 milles nautiques, soit environ 6 560 kilomètres. Le principe de la course reste le même : traverser l’Atlantique seul, sans équipier pour manœuvrer, réparer, prendre les décisions météo ou gérer la fatigue. Mais les moyens techniques, les budgets et les vitesses diffèrent considérablement entre les classes.
Sur les pontons, six mondes de la voile
Les inscrits courent sur plusieurs catégories de voiliers, des grands multicoques capables d’atteindre des vitesses impressionnantes aux monocoques plus modestes. Le site officiel distingue notamment huit bateaux dans l’une des classes, dix dans une autre et un ensemble de 49 bateaux dans la flotte la plus fournie. Pour le public, cette diversité permet de voir côte à côte des machines de haute technologie et des projets de course portés avec des budgets bien plus limités.
Mercredi, des séances de dédicaces réunissent notamment Emmanuel Hamez, Fabien Delahaye et Gaëtan Thomas, tandis que Loïc Fequet et Tanguy Caradec sont annoncés à l’office de tourisme. Ces rencontres donnent accès à une partie moins visible de la course : l’organisation des campagnes, la recherche de partenaires et les nombreuses heures passées à préparer le matériel.
L'édition 2026 prolonge une tradition commencée en 1978, lorsque la course a offert aux navigateurs solitaires une traversée entre la Bretagne et les Antilles. L'événement est devenu à la fois une compétition sportive et une vitrine des innovations nautiques. Sur les pontons, la préparation porte autant sur les voiles et les systèmes de navigation que sur la nourriture, le sommeil et la gestion des pannes. À la différence d'une course en équipage, chaque problème devra être résolu seul en mer, parfois au milieu de l'Atlantique.
Un village ouvert, des régates et des initiatives handivoile
Le programme prévoit un challenge de voile handi-valide sur Miniji et des navigations adaptées pour des personnes en situation de handicap. Une régate sur J80 doit également se tenir dans le bassin Vauban, avant des animations et des illuminations en soirée.
Le calendrier du village est pensé pour attirer des visiteurs pendant près de deux semaines, avec des animations culturelles et des rencontres accessibles à terre. La course, elle, commencera après cette période d’attente et de préparation. Entre les derniers contrôles techniques, les échanges météo et les obligations médiatiques, les marins doivent gérer une montée progressive de la pression tout en restant concentrés sur leur départ.





