Au lendemain d’une manifestation qui a rassemblé 266 000 personnes selon les autorités, la mobilisation des lycéens se prolonge sans retrouver partout la même intensité. Mercredi 7 octobre, 459 établissements connaissent encore une suspension totale ou partielle des cours, selon l’Éducation nationale. Le ministère assure pourtant que neuf lycées sur dix fonctionnent normalement. Ces deux chiffres dessinent un mouvement moins uniforme que ne le suggèrent les images des grands cortèges.

L’évolution la plus significative se produit dans l’enseignement supérieur. Des blocages sont signalés sur plusieurs campus, à Paris notamment. À Sciences Po et à l’École normale supérieure, des étudiants mettent en cause la répartition des financements entre établissements, en soutien aux revendications des lycéens. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, reçoit plusieurs organisations étudiantes dans la journée.

Quatre-vingts campus bloqués selon l’Union étudiante

L’Union étudiante revendique des blocages dans 80 campus mercredi. Ce décompte syndical n’équivaut pas à 80 universités fermées : selon les établissements, la perturbation peut concerner un bâtiment, un accès ou une partie seulement des enseignements. Cette distinction est importante pour mesurer la portée réelle d’une mobilisation dont les formes varient considérablement d’un site à l’autre.

Le passage des lycées aux facultés change néanmoins la nature des revendications. Aux questions des classes surchargées et des enseignants absents s’ajoutent celles des conditions de vie étudiantes, des écarts de dotation et du fonctionnement de Parcoursup. Les étudiants se mobilisent moins pour une réforme unique que contre ce qu’ils perçoivent comme une inégalité croissante d’accès à l’enseignement.

Les syndicats enseignants ont eux aussi annoncé leur soutien. Le SNES-FSU, la CGT, FO, l’Unsa et Sud appellent à une nouvelle journée de grève et de manifestations jeudi. Leur entrée dans le mouvement peut lui apporter des relais durables dans les établissements, mais ne garantit pas pour autant une participation uniforme des personnels.

Les lycéens réclament 10 milliards d’euros

Les organisations à l’origine de la contestation ont formulé dix mesures d’urgence, chiffrées à 10 milliards d’euros. Recrutements de personnels, rénovation des bâtiments et remise en cause de Parcoursup figurent parmi les demandes. Le gouvernement n’a pas retenu ce montant et préfère annoncer une consultation des élèves, avec des propositions attendues à la fin d’octobre.

Sébastien Lecornu met en avant les 30 000 contributions recueillies, selon Matignon, par une plateforme de consultation en vingt-quatre heures. Ce canal institutionnel pourrait faire émerger des revendications plus précises, mais les organisations mobilisées y voient surtout une réponse différée à des problèmes déjà connus.

L’approche des vacances scolaires du 17 octobre introduit une échéance supplémentaire. Elle peut interrompre mécaniquement les blocages, sans pour autant épuiser la contestation. Le rapport de force se jouera dans les prochains jours, entre la capacité des syndicats à poursuivre les rassemblements et celle de l’exécutif à donner un contenu à ses promesses.