La bataille pour incarner la droite en 2027 se complique pour Bruno Retailleau. Dans une enquête Ifop-Fiducial réalisée pour LCI et Sud Radio du 12 au 14 octobre, David Lisnard passe devant le président des Républicains lorsque les deux hommes sont testés simultanément. Le maire de Cannes, à la tête du mouvement Nouvelle Énergie, atteint 6 % des intentions de vote, contre 5 % pour son concurrent.
L’écart d’un point ne suffit pas à établir un rapport de force définitif, compte tenu des marges d’incertitude inhérentes aux sondages. Mais il souligne la fragilité électorale d’une droite traditionnelle qui peine à retrouver une place centrale dans la course à l’Élysée. D’autant que la concurrence ne se limite plus aux seuls prétendants issus de LR.
Bruno Retailleau ne parvient pas à s’imposer
Dans le scénario le plus fragmenté, l’enquête ajoute à la liste des candidats François Ruffin et Dominique de Villepin, en plus de David Lisnard. Bruno Retailleau tombe alors à 5 %, à égalité avec Gabriel Attal. Le président de LR est ainsi dépassé par un élu qui a construit son propre mouvement et revendique une ligne politique indépendante de celle du parti.
L’absence de David Lisnard ne garantit cependant pas à Bruno Retailleau une véritable percée. Lorsque Édouard Philippe est l’unique candidat du bloc central, le président des Républicains recueille 6,5 % des intentions de vote, en recul de 1,5 point par rapport à la précédente mesure. Avec Gabriel Attal seul candidat du centre, il monte à 8 %, sans pour autant menacer les premières places.
Ces résultats interrogent la capacité du parti à rassembler son électorat historique. Entre l’offre du Rassemblement national et les candidatures issues du macronisme, la droite classique se retrouve prise en étau. La présence de David Lisnard ajoute un risque de dispersion, alors que le poids des deux personnalités reste limité à l’échelle nationale.
Marine Le Pen conserve une avance considérable
La concurrence à droite ne bouleverse toutefois pas la hiérarchie générale. Marine Le Pen demeure en tête dans toutes les configurations testées, avec 32 % à 36 % des intentions de vote. Dans l’hypothèse qui place David Lisnard devant Bruno Retailleau, elle atteint 32 %, devant Jean-Luc Mélenchon à 16 % et Édouard Philippe à 13 %.
Raphaël Glucksmann recueille pour sa part 11,5 % dans cette configuration. Porté par sa victoire à la primaire de la gauche hors La France insoumise, l’eurodéputé progresse dans les autres scénarios, jusqu’à atteindre 16 % lorsque Gabriel Attal est l’unique représentant du bloc central.




