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Guerre Iran États Unis : après six mois de conflit, où en est la situation ?

Guerre Iran États Unis : après six mois de conflit, où en est la situation ?

La guerre devait être rapide. Elle dure désormais depuis près de six mois. Lancée le 28 février par les États Unis et Israël avec une campagne massive de frappes contre l’Iran, elle a profondément affaibli les capacités militaires de Téhéran sans parvenir à provoquer la chute du régime. Ali Khamenei a été tué dès les premières heures de l’offensive, ainsi que plusieurs hauts responsables militaires iraniens. Mais le pouvoir a résisté et les Gardiens de la révolution ont depuis renforcé leur poids dans l’appareil d’État.

Sur le terrain, l’intensité des opérations est aujourd’hui bien inférieure à celle des premières semaines. Les États Unis conservent néanmoins un dispositif militaire considérable dans la région et maintiennent un blocus naval autour des ports iraniens. L’USS George Washington vient notamment d’arriver au Moyen Orient pour relever l’USS Abraham Lincoln, déployé depuis plus de huit mois. Un deuxième porte avions américain, l’USS George H.W. Bush, reste également présent dans la zone.

Guerre Iran États Unis : Ormuz au centre du conflit

C’est désormais autour du détroit d’Ormuz que se joue l’essentiel du rapport de force. L’Iran affirme toujours contrôler ce passage stratégique, par lequel transitait avant la guerre environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole. Donald Trump soutient au contraire que le détroit est « ouvert et opérationnel ». Dans les faits, le trafic reste extrêmement réduit : seulement neuf navires transportant des matières premières l’ont emprunté mercredi, un niveau très inférieur à celui observé avant le conflit.

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Téhéran a fait d’Ormuz son principal moyen de pression. Le régime iranien exige notamment la levée du blocus américain et le retrait des forces américaines avant toute normalisation durable du trafic. Washington refuse de céder tant que la liberté de navigation n’est pas garantie. Un projet négocié avec Oman a un temps semblé pouvoir débloquer la situation, mais les discussions sont désormais dans l’impasse.

Le blocage continue de peser lourdement sur les marchés. Jeudi, le Brent a gagné 2,4 %, à 93,78 dollars le baril, son plus haut niveau depuis près d’un mois. Depuis février, les attaques iraniennes contre des installations énergétiques et la chute du trafic dans le golfe ont profondément perturbé l’approvisionnement mondial.

Donald Trump change de stratégie face à l’Iran

À défaut de victoire militaire décisive, Donald Trump tente désormais de déplacer la guerre sur le terrain économique. Mercredi, le président américain a promis une campagne « d’isolement économique à une échelle sans précédent » contre l’Iran et menacé les pays qui continueraient à lui fournir une aide commerciale ou financière.

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Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a promis jeudi « les sanctions les plus dures de l’histoire ». Washington pourrait notamment s’attaquer davantage aux entreprises, banques et États qui permettent encore à Téhéran d’exporter son pétrole. La Chine constitue l’enjeu principal : elle absorbe environ 80 % des exportations pétrolières iraniennes selon Scott Bessent. Les détails du nouveau dispositif américain doivent être dévoilés lundi.

L’économie iranienne est déjà exsangue. L’inflation a atteint 66 % en juillet et les prix alimentaires ont bondi de 128 % sur un an, selon des données citées par Reuters. À Téhéran, plusieurs responsables redoutent qu’une nouvelle dégradation des conditions de vie ne provoque une reprise des manifestations contre le régime.

Les négociations entre l’Iran et les États Unis dans l’impasse

La piste diplomatique semble, elle, de nouveau refermée. Un accord conclu en juin devait conduire progressivement à la fin du conflit, à la réouverture d’Ormuz et à un allègement du blocus. Deux mois plus tard, l’essentiel de ces engagements n’a pas été appliqué et Washington comme Téhéran accusent l’autre camp d’avoir fait échouer le processus.

Donald Trump a affirmé mardi qu’aucune nouvelle négociation n’était prévue. L’Iran réclame désormais notamment des réparations pour les destructions provoquées depuis février, une demande immédiatement rejetée par le président américain.

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Après près de six mois de guerre, aucun des deux camps n’a donc atteint son objectif. Washington a considérablement dégradé les capacités militaires iraniennes mais n’a pas fait tomber le régime. Téhéran a survécu et conserve avec Ormuz un puissant moyen de pression, au prix d’une économie toujours plus fragile. La guerre est moins intense qu’au printemps, mais elle reste sans règlement politique et sans calendrier crédible de sortie.