Il aura fallu attendre 2026 pour que Notre-Dame de la Garde obtienne une protection au titre des monuments historiques. Le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a signé, le 29 septembre, l'arrêté portant inscription de la basilique marseillaise, construite au XIXe siècle. Jusqu'alors, seule la colline sur laquelle elle est implantée bénéficiait d'un classement, sans que celui-ci s'étende à l'édifice religieux.

Propriété du diocèse de Marseille, la basilique accueille chaque année quelque deux millions de visiteurs. Construite entre 1853 et 1864 sur les plans de l'architecte Henri Espérandieu, elle est devenue l'un des principaux symboles de la cité phocéenne. Sa reconnaissance patrimoniale intervient après plusieurs décennies durant lesquelles la question de sa protection avait régulièrement été soulevée, sans aboutir.

Une protection juridique attendue depuis des décennies

L'inscription aux monuments historiques soumet désormais les travaux susceptibles de modifier la basilique à un contrôle des services de l'État. Elle permet également au propriétaire de solliciter des aides publiques spécifiques pour les opérations de conservation et de restauration, sans toutefois garantir leur financement intégral.

Le diocèse de Marseille a accueilli favorablement cette décision. « Cette inscription est une marque de respect pour l'histoire de Notre-Dame de la Garde et pour tous ceux qui en prennent soin au quotidien », a déclaré le père Didier Rocca, recteur de la basilique, dans un communiqué publié le 7 octobre. Il précise que la reconnaissance patrimoniale ne modifie pas la vocation religieuse du sanctuaire.

Cette inscription intervient dans un contexte de mobilisation accrue pour la préservation du patrimoine marseillais. Le statut juridique de Notre-Dame de la Garde était jusqu'ici singulier au regard de son importance architecturale et de sa fréquentation. Il ne s'agit toutefois pas d'un classement, régime de protection plus contraignant réservé aux immeubles présentant un intérêt patrimonial majeur à l'échelle nationale.

Trois millions d'euros de travaux engagés en 2025

La basilique a bénéficié en 2025 d'une importante campagne de restauration, estimée à trois millions d'euros. Le chantier a notamment concerné la statue monumentale de la Vierge, la structure métallique qui la soutient ainsi que les pierres du clocher, dégradées par l'exposition au vent et à l'air marin. La statue a fait l'objet d'une nouvelle dorure, opération rendue nécessaire par l'usure progressive de son revêtement.

Ces interventions ont été engagées avant l'obtention du nouveau statut patrimonial. L'inscription permettra désormais au diocèse de s'appuyer sur un cadre juridique et financier plus favorable pour poursuivre l'entretien de l'édifice. Les besoins restent importants, notamment pour la conservation des mosaïques, des vitraux et des éléments architecturaux intérieurs.

La reconnaissance de Notre-Dame de la Garde intervient alors que le financement de l'entretien des édifices religieux constitue une difficulté persistante pour de nombreux propriétaires publics et privés. Contrairement aux églises communales construites avant 1905, généralement propriétés des collectivités, la basilique marseillaise relève du diocèse. Celui-ci devra continuer à mobiliser ses ressources propres, les dons et les soutiens publics pour assurer la conservation du monument.